TOI
qui reviens de ton
STALAG…


Camarade libéré, tu es demeuré de longs mois, loin de ton pays. Tu as souffert, physiquement et moralement : la condition de prisonnier est toujours dure.

Mais, dans ta solitude morale, tu n'as pas manqué aussi de réfléchir. Tu t'es demandé pourquoi, un jour de septembre, tu été arraché à ton foyer. Tu as songé que deux millions de tes camarades du front étaient, comme toi, captifs. Et tu as maudit, avec eux, les responsables de la guerre et de la défaite, les responsables ton propre malheur. Enfin, comme tu as le sens de la justice tu t’es juré de les châtier.

Tu es rentré. Tu as dû ce rare bonheur au geste sans précédent de ton vainqueur. Quand donc, en effet, des prisonniers de guerre ont-ils été libérés avant la signature de la Paix ? Au fond de ton cœur, même si tu avais contre lui des préventions, tu as dû reconnaître que le Chancelier Hitler s'était montré humain.

Tu as dû aussi ta liberté aux travailleurs de ton pays qui sont allés, dans les usines d'outre-Rhin, prendre ta place. Et tu as compris alors, ce qu'était la solidarité.

Dans ta France meurtrie et humiliée, tu as trouvé des hommes qui ne pensaient pas comme toi. Eux n' avaient rien fait pour que tu redeviennes libre. Avaient-ils même pensé à toi ? Cependant, quand ils t’ont fait l’éloge des Anglais, des Américains, des bolchevistes et des juifs, tu les as écoutés d’une oreille attentive. Bientôt, tu as fait chorus avec eux.

Désormais, tu n’as plus pensé qu’à une chose : c’est que les Allemands t'avaient gardé prisonnier longtemps et qu'ils étaient seuls responsables de tes souffrances.

As-tu oublié, mon camarade, que c'est toi qui les avais attaqués ? Bien franchement, entre nous, n'as-tu pas été l'artisan de ton propre malheur ?

Aujourd'hui, tu souhaites la victoire des Anglais et des Américains. Tu oublies seulement que cette victoire signifierait la défaite de l'Allemagne et que, l'Allemagne battue, ce serait le déferlement jusque sur ton propre sol, des hordes bolchevistes.

Tu rêves de revanche, sans songer que cette revanche équivaudrait, pour toi et pour ta patrie, à un suicide.

Cette patrie française, que nous aimons tous passionnément, n'est en ce jour qu'humiliée et pauvre. Elle peut, à force de courage, se relever. La victoire bolcheviste la rendrait à jamais martyre et esclave. Souviens-toi de ce qui s'est passé à ta porte, quand la Tchéka semait la terreur en Espagne…

Que beaucoup d'hommes de chez nous se trompent aussi lourdement, passe encore. Ont-ils seulement pris, depuis bientôt trois ans, le temps de réfléchir ? Ils étaient bien trop occupés à faire du marché noir !

Mais toi, comment peux-tu partager leur erreur ? Dans la solitude de ton stalag, de ton kommando, n'as-tu pas eu le loisir de méditer sur le vrai destin de la France ?

Et as-tu oublié que tu avais, en rentrant, un grand, un magnifique rôle à jouer ?

Ne dois-tu pas être, vis-à-vis de tes frères égarés, à la fois un guide et un apôtre ?

Crois-moi, il faut choisir : ou une France libre dans une Europe régénérée ; ou un continent asservi aux Soviets et aux Juifs.

Tu as trop souffert pour hésiter longtemps.
Ton cœur et ta raison te dicteront ton choix.
Oublies (sic!) tes blessures d'amour-propre
Sois toujours fièrement Français.
Mais sois aussi Européen.

LES PRISONNIERS LIBERES
DU PARTI POPULAIRE FRANÇAIS